Número 115    octubre2013
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EZLN : “Vous avez entendu? C’est le bruit de votre monde qui s’effondre”

Dans une action de masse, disciplinée et simultanée, inédite depuis les premiers jours du soulèvement insurgés de 1994, des dizaines de milliers de zapatistes ont occupé pacifiquement et dans un silence assourdissant cinq villes du Chiapas. Quelques heures plus tard, ils ont publié un bref communiqué.

Desinformémonos
Traduction: BASTA! Journal de marche zapatiste
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Chiapas, Mexique. Des dizaines de milliers de bases d’appui de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) ont occupé dans un silence emblématique les rues de cinq localités du Chiapas, lors de la première manifestation publique zapatistes depuis le 7 mai 2011, lorsqu’ils avaient répondu à l’appel du Mouvement pour la Paix avec Justice et Dignité. Cette action simultanée et massive, la plus grande de toute leur histoire, a été précédée par l’annonce que l’organisation indigène ferait connaître sa parole, rendue publique quelques heures après la mobilisation.

 “A qui de droit. Vous avez entendu? C’est le bruit de votre monde qui s’effondre. C’est celui du nôtre qui ressurgit. Le jour qui était le jour, il faisait nuit. Et le jour qui sera le jour, il fera nuit”, était le message signé par le sous-commandant Marcos et diffusé quelques heures plus tard par la page ouèbe Enlace Zapatista.

Dans chacune des villes occupées (Ocosingo, Las Margaritas, Palenque, Altamirano et San Cristobal), les Tzeltals, Tzotzils, Ch’ols, Tojolabals, Zoques, Mams et métis ont défilé avec leurs bandanas et passe-montagnes traditionnels, en rangs et dans un strict silence. Hommes et femmes, jeunes pour la plupart, ont défilé sur une estrade dans chaque ville et brandi leurs poings. Cela a été l’expression la plus symbolique de toute la manifestation.

 Force, discipline, ordre extraordinaire,  dignité, intégrité, cohésion. Ce n’est pas peu. Depuis 19 ans on les a donnés un nombre incalculable de fois pour morts, divisés et isolés. Encore et encore ils sont apparus pour dire “nous sommes là”. Aujourd’hui, 40 000 zapatistes dans les rues ont à nouveau fait taire les rumeurs et les mensonges.

 À San Cristobal de las Casas, une ville où l’ EZLN manifeste traditionnellement hors de son territoire, plus de 20 000 hommes et femmes du caracol  [l'escargot, municipalité autogérée, NdT] zapatiste d’ Oventik, où ils s’étaient rassemblés la veille, ont défilé sous une pluie qui a commencé à tomber à l’aube. La marche de 28 détachements (selon la numérotation figurant sur leurs passe-montagnes) a commencé à la périphérie de la ville, vers huit heures et demie, et à 12 heures l’arrière-garde était encore très loin du centre de la ville. La place centrale était trop petite pour les contenir tous.

 Des habitants et des  touristes ont lancé des cris de soutien et entonné  l’hymne zapatiste chanté dans certaines sections. Les magasins ont, comme d’habitude, baissé leurs rideaux, parce que les Indiens les ont à nouveau pris par surprise. L’estrade était installée en face de la cathédrale, tandis que les blocs zapatistes ordonnés se sont placés autour du carré entral de la ville.

 À Palenque, ancienne ville  ch’ol et l’un des centres touristiques les plus importants de l’État, les indigènes zapatistes sont entrés par l’avenue principale de la ville et ont brandi le poing sur l’estrade située dans le centre de la ville, en face de l’église. Puis ils ont pris la rue du Chiapas pour retourner dans leurs communautés.

 À Las Margaritas, les zapatistes ont répété cette dynamique avec 7000 membres des bases d’appui, tandis qu’Ocosingo – localité elle aussi prise par les insurgés le 1er janvier 1994, où eut lieu un massacre de civils par l’armée fédérale dans les premiers jours de la guerre, plus de 6 000 membres des bases d’appui ont déclenché l’action à six heures du matin. On a appris qu’environ 8 000 zapatistes ont du rester au Caracol de La Garrucha par manque de transports vers la ville. Il n’y avait plus eu une telle concentration de  zapatistes depuis les sanglants combats du soulèvement indigène en 1994.

 Il y avait une forte symbolique dans l’action, vu qu’ils ont choisi le dernier jour du cycle maya, qui pour beaucoup serait “la fin du monde” et pour d’autres le début d’une nouvelle ère, du changement de peau, du renouveau. Pendant ces 19 années, le parcours de la lutte zapatiste a été chargé de symbolisme et de prophéties, et cette occasion n’y a pas fait exception.

Depuis l’annonce que le Commandement général de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) ferait connaître sa parole, l’attente pour le contenu de son message n’a cessé de croître. Mais ce qu’on a entendu ce vendredi, c’était ses pas, sa marche silencieuse à travers cinq places, sa démarche digne et rebelle à travers les rues et son poing levé.

La dernière fois que le sous-commandant Marcos, chef militaire et porte-parole zapatiste, avait parlé, c’était dans sa correspondance avec le philosophe Luis Villoro, le 7 Décembre, 2011. Et l’initiative politique la plus récente avait été le Festival de la Rage Digne, auquel les zapatistes avaient invité des luttes et des mouvements du Mexique et du monde, en décembre 2008.

Ce vendredi les membres du Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène ne sont pas apparus, comme l’avait fait son état-major en mai 2011. Ce fut la dernière fois que l’on vit Tacho, Zebedeo, Esther, Hortencia, David et le reste du commandement général, à l’exception du sous-commandant Marcos, qui est resté loin des yeux du public.



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